24
Nov 2013

Sur :
L'orientation des nouveaux bacheliers à l'Université de Thiès

La coordination des sections SAES du campus de Thiès s'est réunie ce mercredi 20 Novembre 2013 de 16h à 19h afin d'échanger sur la situation actuelle de l'enseignement supérieur.

Etaient présentes les sections de l'IUT, de l'ENSA, de l'EPT, des UFRs SES/SET/SI. La section de l'ISFAR, dont les membres organisent ce jour leur concours d'entrée au niveau national, n'a pas pu être représentée mais a transmis ses recommandations qui sont intégrées au dit compte rendu.

 

La coordination rappelle qu'après délibération, les conseils d'UFR avaient évalué et transmis sur PV leurs capacités d'accueil pour l'année universitaire 2013 – 2014 aux autorités de l'Université de Thiès. Lors du Conseil Académique du 23 Octobre 2013 ces capacités d'accueil avaient été validées et transmises au MESR.

Nous avons donc été surpris de recevoir un arrêté du MESR qui « affecte » des bacheliers à l'UT en faisant fi des PV reçus et du manque d'infrastructures d'accueil à Thiès. Ainsi, l'UFR SET, respectivement l'UFR SES, qui a une capacité d'accueil actuelle de 133 nouveaux bacheliers, respectivement 240, se voit envoyer 278, respectivement 478 candidats.

Et pourtant, les UFRs, dans le souci d'aider à absorber le flux de nouveaux bacheliers, avaient déjà consenti de lourds sacrifices en augmentant, par des réajustements et de nouvelles dispositions des tables bancs dans les salles de cours, leur capacité d'accueil par rapport aux années précédentes. Ainsi 617 nouveaux étudiants étaient prévus en 2013 contre moins de 500 en 2012. Ceci sans aucune nouvelle construction ou location d'infrastructure et malgré les conditions de travail difficiles caractérisées par la promiscuité, l'étroitesse dans les salles de cours et un faible taux d'encadrement :

  • o 14 enseignants permanents - 378 étudiants et 50 vacataires à l'UFR SET ;
  • o 18 permanents - 1080 étudiants et 90 vacataires à l'UFR SES

 

Il s'y ajoute que depuis trois ans, il y a des bâtiments inachevés ou non réceptionnés, 17 bâtiments loués, des prévisions de construction non réalisées malgré les 3 Milliards qu'on nous dit « disponibles » dans le cadre d'un prêt hors CDP de la banque mondiale.

La coordination est donc au regret de constater que le ministère en charge de l'enseignement supérieur ne tient aucunement compte des délibérations instances pédagogiques qui, d'après la loi 94-79, sont les seules instances habilitées à recruter les bacheliers dans les différents départements, par le biais des commissions d'orientations.

Par ailleurs, il faut rappeler que l'actuel MESR, ancien recteur de l'UGB, avait appliqué à la lettre les délibérations de l'Assemblée de l'Université, alors qu'à l'Université de Thiès il passe outre les décisions du Conseil Académique quand au nombre de bacheliers à recruter.

Ces décisions à portée pédagogique, qui sont entrain d'être prises sans l'avis des instances compétentes constituent un précédent grave et une violation flagrante des articles 11 et 12 de la loi 94 - 79 relatives aux franchises et libertés universitaires et risquent d'être lourdes de conséquences.

La coordination réaffirme que :

  • Les établissements sont autonomes et que le recrutement (ou la validation du recrutement) des étudiants est l'affaire exclusive des commissions d'orientation légalement constituées dans les UFRs
  • Ces établissements ne sauraient accepter un bourrage avec des effectifs dépassant largement les places disponibles et ceci au détriment de la qualité de l'enseignement
  • Les mesures d'accompagnement permettant d'augmenter le nombre de places et le taux d'encadrement sont indispensables pour assurer le bon fonctionnement des enseignements et prévenir d'éventuelles perturbations de l'année universitaire. Cette exigence de mesures d'accompagnement démontre à la face de l'opinion publique le manque de cohérence et de planification dans la conduite de la politique de l'Etat en matière d'enseignement supérieur.

 

Elle déplore :

  • Que malgré l'empressement du MESR à envoyer des bacheliers dans les Universités privés en 2012 aucune construction n'est entamée depuis lors pour augmenter la capacité d'accueil des Universités publiques existantes notamment à Thiès.
  • L'opacité et la précipitation qui ont entouré cette procédure d'orientation des bacheliers à travers Campusen.
  • Que les commissions d'orientation légitimes des UFRs aient été écartées du circuit et remplacées par le ministère qui persiste dans sa volonté d'imposer à des établissements des effectifs que lui-même sait qu'ils ne peuvent pas absorber sans mesures préalables.

 

Ainsi, la coordination demande au bureau national de :

  • Proposer un plan de communication pour informer l'opinion sur les dérives actuelles
  • Préparer un plan d'action pour les militants en intégrant toutes les éventualités
  • Instruire rapidement un dossier pour « attaquer » ces mesures illégales auprès des juridictions compétentes.

 

La coordination de Thiès rappelle qu'elle veillera au respect strict des prérogatives des instances de délibérations légitimes et n'acceptera aucune violation des textes réglementaires.

Vive le SAES

La Coordination du campus de Thiès