19
Fév 2015

saes section universite ziguinchor« L'université publique sénégalaise est certes malade mais il ne faut pas l'achever pour autant ... »
Depuis que 35 députés sur les 150 que compte l'Assemblée nationale, de surcroît non avisés des réalités universitaires, ont osé voter en catimini la loi 31-2014, différentes étapes ont été franchies par le SAES parmi lesquelles : une série de débrayages, une marche nationale, une rencontre avec le PM, le dépôt d'un préavis de grève, des points de presses et même l'incinération de ladite loi.
Le SAES est au regret de constater que le Président de la République minimise l'ampleur du danger de cette loi sur les universités publiques sénégalaises.
Avec cette loi, l'université publique sénégalaise devient une arène politique car le principal organe de gestion sera désormais composé de plus de 56% de membres NOMMÉS par le Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche en dehors des acteurs de l'Université.
Cet état de fait est trop grave pour ne pas être souligné quand on sait le rôle déterminant du CA dans la vie de l'université.
En outre, cette loi signe la fin du droit pour tous à une éducation gratuite et va à l'encontre de l'article 22 de la constitution sénégalaise qui dispose que : « L'Etat a le devoir et la charge de l'éducation et de la formation de la jeunesse PAR DES ECOLES PUBLIQUES ».
Plutôt que de faire voter des lois autoritaristes, le Ministre ferait mieux de faire des universités existantes de « vraies universités ». Qu'il permette aux universités de Dakar, de Thiès, de Bambey, de Saint-Louis et de Ziguinchor qui ont elles au moins le mérite d'être réelles (et non VIRTUELLES) d'avoir des infrastructures pédagogiques, sociales et administratives suffisantes et adéquates, des équipements adaptés, d'avoir assez d'enseignants-chercheurs capables de supporter un temps de travail raisonnable et non une charge horaire épuisante, aliénante, et mortelle même avant la fin de carrière.
Il n'y a ni d'université de Senghor ou de Diouf, ni d'université de Wade, ni d'université de Macky, il n'y a que l'Université sénégalaise.
Il n'y a que l'école publique qui a permis aux enfants des plus pauvres d'accéder au savoir, au savoir-faire et au savoir-être.
Qu'elle se trouve à Dakar ou à Bambey, à Ziguinchor ou à Saint-Louis, elle est financée par l'argent du contribuable. L'Etat a l'obligation de garantir l'accès aux études à tous les citoyens comme il doit veiller sur la sécurité et la santé publiques.
Le SAES-UASZ est plus que jamais déterminé à barrer la route à toute tentative de sabordage de l'enseignement supérieur public sénégalais et à toute gestion imposée, despotique et totalitariste.
Fait à Ziguinchor, le 18 février 2015