18
Fév 2015

 unsas sock 1ermai2014Le secteur de l'éducation renoue, à nouveau, avec les actions de grève que les enseignants sont obligés de conduire pour exiger la satisfaction de leurs revendications légitimes.
En effet, Le Syndicat Autonome de l'Enseignement Supérieur (SAES) a déposé, depuis le 15 janvier, un préavis pour réclamer du gouvernement, en plus de la restauration de l'autonomie des universités par la non promulgation et le réexamen de la Loi cadre portant sur les universités publiques, la mise en œuvre immédiate du protocole d'accord du 21 mars 2011.
Et, le Grand Cadre des Syndicats d'enseignants, pour sa part, exige le respect du protocole d'accord du 17 février 2014, la prise en compte effective du principe de la gestion démocratique, la fin des lenteurs administratives relatives à la carrière des enseignants et l'augmentation de toutes les indemnités allouées aux enseignants.
Or, jusque-là, le gouvernement tarde à formuler les réponses adéquates aux différentes demandes des enseignants tant du supérieur que des autres ordres d'enseignement, obligeant ces derniers à exécuter des plans d'actions préjudiciables au bon fonctionnement des enseignements/apprentissages.
L'UNSAS exprime sa solidarité à toutes les organisations en lutte et leur assure de son soutien total pour la mise en œuvre correcte des plans d'actions. Elle interpelle le gouvernement sur ses responsabilités quant aux conséquences désastreuses que pourrait entrainer le refus de satisfaire les revendications légitimes posées par les enseignants.
Notre système éducatif et universitaire souffre d'un management insatisfaisant, parce que trop exclusif et guidé par la volonté de domestiquer les personnels par l'application de lois mal discutées et le refus de respecter les accords signés.
Après la Concertation Nationale sur l'Avenir de l'Enseignement Supérieur et les Assises de l'Education et de la Formation, le gouvernement a l'obligation de créer les conditions d'une bonne mise en œuvre des résultats consensuels formulés pour arrêter le cycle de crises chroniques qui installe l'école et l'université dans un tourbillon non propice aux réformes.
L'UNSAS exige du gouvernement l'ouverture sans délai de négociations sérieuses avec les syndicats des enseignants. A défaut d'une réponse diligente à cette demande, elle se réserve le droit de faire rallier tous les travailleurs à la lutte légitime des enseignants pour des écoles et des universités stables et performantes.
Pour une éducation de qualité publique et gratuite au bénéfice des masses laborieuses !
Fait à Dakar, le 18 février 2015

29
Déc 2014

Bureau national saesDans une lettre adressée au Président de la République au mois de juillet, une soixantaine d'universitaires attiraient son attention sur le caractère autonomicide des décrets et projets de loi que le ministre en charge de l'enseignement supérieur et de la recherche lui a proposés. Ils l'invitaient, en termes claires, à veiller au respect des instances délibérantes et à la gestion concertée. « Aussi, voudrions-nous vous inviter, Monsieur le Président, à revoir le décret n° 2013-1295 du 23 septembre et les arrêtés basés sur celui-ci ainsi que le projet de loi n°18-2014 relatif aux universités publiques adopté par le Conseil des Ministres sans l'avis des Assemblées d'université. Il y va de l'adhésion et de la mobilisation de la communauté universitaire, gages du fonctionnement normal des établissements.»

Force est de constater que rien n'a changé. L'année dernière, c'était l'Assemblé de l'université Gaston Berger de Saint-Louis qui contestait la décision de la tutelle d'y orienter 3000 nouveaux bacheliers en faisant fi de sa capacité d'accueil et d'encadrement. Aujourd'hui, c'est la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d'Odonto-Stomologie de l'université Cheikh Anta Diop de Dakar qui fait face à la décision du ministre de tutelle d'y admettre 1100 nouveaux bacheliers. Comme dans les deux situations les présidents des instances délibérantes ont bien assumé leur fonction en suivant leurs mandants, la tutelle a fait muter l'un et fait relever l'autre de sa fonction.

Ces agissements du ministre laissent penser qu'il a une conception très particulière de l'autonomie des universités et des libertés académiques. Ce qui ne peut être sans conséquences sur les finalités pédagogiques et, par ricochet, sans risque pour la stabilité du système et l'essor scientifique du pays.

Le temple du savoir sous la botte du pouvoir politique
Depuis que l'Université est communauté de chercheurs du savoir pour le savoir par le savoir, ses membres ont décidé de se libérer de toute autorité ou pouvoir qui aliènerait leur indépendance dans la quête de vérité. Beaucoup de sacrifices ont été consenties pour que cette liberté demeure. L'histoire de Galileo, condamné et mis en résidence surveillée pour avoir remis en question la certitude aristotélicienne de l'Eglise, est toujours dans la mémoire des universitaires. La vérité qu'il avait découverte est aujourd'hui bénéfice pour toute l'Humanité. « La terre tourne » et l'avancée technologique satellitaire en a résulté. Tout près de nous, au Sénégal du 20ème siècle, un marabout préféra laisser sa vie au chef de Canton qui voulait le pousser à falsifier la science islamique (la Sharia) pour valider son mariage. Le fondateur de l'Université de Pir, Khali Amar Fall, avait refusé le poste de Ghadi (Juge) du Dammel pour ne pas subir son autorité. Jusqu'à récemment, pour symboliser la prééminence du savoir et la suprématie de l'autorité de son porteur, chaque gouverneur de région en France devait renouveler solennellement l'allégeance républicaine à un savant de sa localité.

Il est heureux qu'il y'ait dans ce monde des êtres humains jaloux de leur liberté et tenant à leur indépendance d'esprit. Sinon, les détenteurs des forces autres que celui du savoir régenteraient l'Univers et y feraient régner la loi de la jungle et les règles de la forêt. Apparemment ce statut du savoir et de ses porteurs convenait bien à certains souverains du moyen âge qui ont décidé de protéger cette communauté de chercheurs de vérité en lui permettant de vivre à part, dans des endroits qui lui permette de mener ses activités sans contrainte et en toute liberté. Par la suite, les états modernes en ont profité pour confier à celle-ci la charge et de préparer l'élite de la société et de former les nouvelles générations à la recherche. La communauté bien protégée, s'est ainsi mise volontairement au service de la société. En Afrique, le Sultan Mansa Kanku Mussa (14ème siècle) avait assuré l'affranchissement de la ville universitaire Diba de telle sorte que « quiconque pénétrait dans cette cité était à l'abri des violences et des vexations royales et, même s'il eût tué l'un des enfants du roi, ce dernier n'eût pu lui réclamer le prix du sang » nous dit M. Kaati, l'auteur de Taarikh al-fattache.

Jusqu'ici les pays de tradition universitaire ont évité de mettre cette communauté sous le joug d'une quelconque autorité. La Tunisie de l'université de Zeïtuna (8ème siècle) vient de rejoindre les pays de l'ONU qui ont constitutionalisé les libertés académiques. Ce que le Sénégal n'a pas encore fait. Pire, les actes (loi, décret et arrêté) que les décideurs politiques de ce pays sont en train de poser, nous font penser que leur intention est de mettre aux pas les acteurs scientifiques comme de vulgaires agents d'administration.

La subordination des universitaires
Face à la forte demande d'accès à la formation supérieure, l'insuffisance de l'infrastructure d'accueil et du budget, la tutelle politique gouverne par oukazes. Les directives provenant du cabinet ministériel se multiplient. Des décrets et arrêtés relatifs aux questions pédagogiques et scientifiques se prennent à l'insu des assemblées d'université. Une commission nationale d'orientation des bacheliers est créée d'autorité afin de pouvoir sélectionner et inscrire les étudiants à la place des structures universitaires de base. Ce faisant, le ministère de l'enseignement supérieur décide, du jamais vu, d'affecter directement à chaque département un nombre d'étudiants en faisant fi des délibérations des instances de gouvernance locale : les assemblées de département, de faculté et d'université. Autrement dit, la tutelle gère l'université comme un service administratif banal, sans instance délibérante ni autorité autonome. Ce qui enlève à l'institution académique toute sa personnalité traditionnelle et juridique. D'ordinaire, elle est un établissement public à caractère scientifique jouissant de l'autonomie de gestion ainsi que de la liberté d'agir en ce qui concerne les questions académiques. Sans cette forme juridique, l'Université serait dépourvue de ses prérogatives et raterait ses objectifs.

La falsification des finalités pédagogique et scientifique
Quoi qu'on puisse dire, les deux établissements du supérieur les plus en vue ses dernières années, en termes de régularité de fonctionnement et de résultats, restent l'université Gaston Berger et la faculté de médecine. L'année académique y démarre souvent en octobre pour s'y achever en juillet, le taux de rendement en diplômés y est maintenu au-dessus de la barre de 50 % et la production scientifique y reste à un niveau élevé. C'est pour cela d'ailleurs que ces deux établissements sont sélectionnés à l'issue d'une compétition africaine pour abriter des centres d'excellence. Si des finalités plutôt politiques, caser les bacheliers quitte à les mettre dans les conditions d'échec avérées, ne l'emportaient pas sur les objectif pédagiques ou scientifiques, le fonctionnement de ces établissements devrait être érigé en norme et leurs acteurs coiffés de lauriers.

Enfin, il est à craindre que la vision étriquée du décideur politique en ce qui concerne les libertés académiques, mène les instituions du savoir à la décadence. On constate, pour le déplorer, qu'après Pr. Moustapha Sourang, tous les acteurs scientifiques cooptés au Conseil des ministres y perdent leur face pour ne pas dire leur âme. Ils troquent leur toge contre le kaala du parti au pouvoir. Tous les textes et attitudes liberticides sur le plan académique sont, ces dernières années, le fait d'éminents universitaires du pays devenus partisans. Nommés en passant outre la confiance de leurs pairs, seule la satisfaction de l'autorité décrétant et chef de leur clan compte. La communauté scientifique et ses instances délibérantes sont moins que rien pour eux. Dans ces conditions démotivantes et méprisantes, il n'est pas étonnant que la démission gagne la plupart des universitaires et réduit à néant leur engagement patriotique. Et c'est un leurre de faire croire au Prince et aux représentants du peuple, que les universités vont baigner dans la tranquillité et les esprits être absorbés par la quête du savoir, quand les acteurs scientifiques sont aussi déconsidérés. Il est temps que force reste à la Lumière pour éviter d'autres dégâts humains et mieux gérer l'émotion nationale !
Mamadou Youry SALL
Chercheur-Enseignant
UGB

 
17
Aoû 2014

saes logo actu 500x300POINT DE PRESSE DU VENDREDI 15 AOUT 2014 SUR LA SITUATION A L'UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR

Ce jeudi 21 août 2014, une furie policière à la fois innommable et inqualifiable s'est encore une fois abattue sur l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar. L'étudiant Bassirou Faye de la Faculté des Sciences et Techniques est tué, plusieurs blessés sont admis aux services d'urgence des hôpitaux.
Pour rappel, la police est entrée à l'Ucad le jeudi 21 novembre 2013 sans jamais en ressortir jusqu'au jeudi 14 août 2014, date de la survenue de la mort de l'étudiant nommé supra.
Le lendemain vendredi 22 novembre 2013, le SAES a tenu un point de presse pour dénoncer la violation de la loi 94-79 relative aux libertés et franchises universitaires et dénoncer également la présence policière à l'Université. A toutes les occasions qui s'étaient présentées, le SAES a toujours demandé le départ de la police.
Mieux, le SAES a envoyé au moins deux lettres au Recteur demandant le départ de la police, mais rien. Mieux encore, toutes les rencontres subséquemment tenues avec lui, ont été mises à profit pour lui demander de faire partir la police mais les autorités avaient persisté dans leur entêtement irresponsable et stérile. Elles avaient non seulement maintenu la présence policière mais elles l'avaient même renforcée, transformant le campus universitaire en une véritable caserne au grand dam du SAES.
Nous insisterons sur le silence coupable des associations de parents d'élèves et d'étudiants, des organisations des droits de l'homme, de la soi-disant organisation des acteurs pour la protection des franchises universitaires, toutes ou presque, s'étaient emmurées dans un silence honteux et indigne au moment où il n y avait que le SAES qui demandait et qui a continué à demander le départ de la police. Le SAES avait toujours dit et aujourd'hui encore, qu'il ne fallait pas attendre qu'il y ait mort d'homme pour agir. Malheureusement c'est le cas aujourd'hui et c'est maintenant que nous les entendons dans les medias. Cela n'est ni sincère ni sérieux.
Aujourd'hui plus que jamais, c'est le moment pour le gouvernement et certains de ses collaborateurs d'arrêter de faire dans l'arrogance et de respecter les acteurs et les organisations qui sont dans les universités dont surtout le SAES qui, fidèle à ses principes de défense des intérêts de l'enseignement supérieur, ne s'est jamais tu, complu ou compromis lorsqu'il s'est agi de le faire.
La visite des membres du gouvernement à l'hôpital n'est point assimilable au médecin après la mort mais au gouvernement après la mort. C'est cela qui est regrettable car des étudiants attributaires de bourses sont restés d'octobre 2013 à aout 2014 sans leurs bourses. Au lieu, pour le gouvernement de les payer, il leur envoie la police, les tuer pour après se rendre à l'hôpital.
Le MESR a déclaré que le procureur a été saisi mais il doit comprendre que la saisine du procureur se rapporte à l'effet de la barbarie policière. Ce qu'il ne doit pas oublier, c'est la responsabilité causale de cette mort. Or, cette responsabilité causale incombe au gouvernement qui assure la tutelle de la police, cette police-la même qui a tué l'étudiant.
Par conséquent les premières conséquences à tirer voudraient que le Ministre de l'Enseignement Supérieur et le Ministre de l'Intérieur soient immédiatement démis de leurs fonctions en attendant que le ou les tueurs soient identifiés et punis à la hauteur de leur forfait.
Le SAES demande tout de suite comme mesure préalable à tout retour au calme, le départ immédiat des Ministres concernés ainsi que tous les responsables impliqués.

 
16
Avr 2014

saes section universite ziguinchor« Non à l'amateurisme et à une gestion intimidante de l'Université Assane Seck »

Il y a dans la vie de chaque communauté des moments ou un instant où ceux qui ont la charge de porter des voix, ceux qui ont la chance de faire entendre les leurs n'ont pas le droit de se taire. Autrement, ils seront coupables devant l'Histoire de complicité avec un bourreau.
L'université est un espace pour acquérir des savoirs mais aussi et surtout pour exprimer des opinions quels que soient le domaine scientifique de leur auteur, leur positionnement idéologique ou politique, leur appartenance confessionnelle ou syndicale. Tant que les libertés académiques et les franchises universitaires ne sont pas en cause, les acteurs d'une université doivent pouvoir se prononcer sur toutes les questions en usant du mode d'expression à leur portée ou le plus approprié à la circonstance. S'il en est ainsi c'est parce que la contestation, le refus de l'injustice, les luttes pour l'égalité des droits et contre la corruption déguisée, le sabotage organisée ont toujours été portés par les universitaires et les mouvements d'étudiants.
Le SAES-UASZ refuse de garder le silence quand l'administration rectorale crée UNE COMMISSION D'INSTRUCTION POUR ENTENDRE des étudiants qui ont mis un brassard rouge et crier au Président de la République qu'ils veulent plus d'infrastructures et de meilleures conditions d'étude. Cela, en se basant juste sur de la supputation et de la délation. Le Recteur les voit comme des étudiants manipulés par un enseignant d'une autre fraction politique. Et le Directeur de la communication va enquêter dans le Campus social pour dénicher les « coupables » ! Puis, on veut nous faire croire que cette INSTRUCTION n'a rien de politicienne. Franchement, le ridicule ne tue pas !
Où sommes-nous ? À la DIC ?
Qui sommes-nous ? Des flics ?
Cela en a tout l'air même si le flicage est déguisé : on fait semblant qu'il s'agit juste d'une recherche d'information en convoquant la COMMISSION D'INSTRUCTION dans les UFR en marge de la Commission de discipline tenue la veille pour délibérer sur des cas de tricherie et de fraude de 2011 !
On nous divertit avec cet épiphénomène alors que l'UASZ va de mal en pis. Elle n'a plus aucun crédit auprès des hôteliers, agences de voyage, structures sanitaires, compagnies de transport et autres entreprises de la place. Elle est incapable de faire venir des vacataires indispensables à l'accomplissement de sa mission de formation, obligeant des enseignants à supporter leur propre frais de voyage. En plus, elle loge ces collègues, venus seulement par solidarité de corps, dans des conditions lamentables, dans un semblant de « maison de l'université » que le Recteur s'est entêté d'ouvrir avec des charges locatives et de fonctionnement exorbitantes malgré toutes les objections et mises en garde.
Si l'image de l'Université Assane Seck est aujourd'hui si écornée, c'est sans doute à cause de cette gestion amateuriste et tatillonnante mais non parce que des étudiants ont exprimé librement leur mécontentement.
Comme si le cas des étudiants ne suffisait pas, le Recteur, venu faire acte de présence, malgré lui, à nos journées de réflexion sur le rôle des universités et des syndicats dans la société, « conseille » à un collègue de « ne pas faire comme eux », les membres du bureau du SAES-UASZ, avec une « menace » à peine voilée : « je n'ai pas encore signé votre titularisation » !
Quel genre d'autorité avons-nous avec ce Recteur qui parle ainsi à un collègue, qui insinue que le passé syndical est un critère de recrutement des enseignants, ce dirigeant qui semble ignorer ce qu'est « la compétence liée » et qui abuse chaque jour des prérogatives du « pouvoir discrétionnaire » dans les recrutements et les nominations ?
Allons-nous laisser continuer ces dérives autoritaires et permettre qu'un Secrétaire général de l'université aille demander les notes d'un étudiant délégué au Chef de Département ?
Ou devons-nous dénoncer à chaque instant le management bancal de notre chère université pour refuser de subir la fausse vérité de ce dicton qui dit : « on a que les dirigeants qu'on mérite » ?
Non ! Nous méritons mieux, travailleurs comme étudiants !
Avec des conditions de travail, de vie et d'études aussi insatisfaisantes, nous méritons plus de respect et de justice ! Et c'est notre droit de le dire, de le crier haut et fort !
Si nous voulons demeurer dans la servitude de nos préoccupations professionnelles et de nos ambitions sociales, alors subissons et acceptons d'être humiliées, de voir notre dignité d'êtres libres bafouée sans cesse.
Le SAES, lui, refusera de s'enfermer dans un mutisme coupable et dénoncera toujours vigoureusement toute dérive autoritaire.
Vive le SAES !
Fait à Ziguinchor, le 14 avril 2014
La Coordination de l'UASZ

 
15
Fév 2014

Considérant l'extrême faiblesse du ratio enseignant-enseigné (l'Ucad a 80500 étudiants en 2012-2013 pour seulement 1329 PER),

Considérant l'impact de ce faible ratio sur le calendrier universitaire qui fait presque 12 mois sur 12,

Considérant le nombre important de départs à la retraite par an et les déséquilibres occasionnés par ces départs,

Considérant les encadrements sans rémunération aucune des travaux de recherche (mémoires, thèses...),

Considérant le temps important consacré par les enseignants et chercheurs de rang non magistral aux activités dévolues aux enseignants de rang magistral (cours magistraux, encadrements),

Considérant que ces enseignants et chercheurs de rang non magistral ne tirent aucun profit ni sur le plan de l'avancement dans la carrière ni sur le plan pécuniaire,

Considérant la nécessité pour l'Ucad de procéder à un recrutement massif de PER et PATS pour faire face à l'important volume de travail,

Considérant l'impact négatif de ce gigantesque volume de travail sur la santé mais aussi sur la carrière des PER,

Considérant l'absence de volonté de l'autorité quant au recrutement massif (le déficit de PER a duré de longues années),

Considérant le déficit budgétaire chronique de l'Ucad et l'absence d'un budget de vérité occasionnant des retards récurrents de paiements de salaires et de sommes dues,

Considérant le non-paiement des sommes dues y compris les vacations et les heures complémentaires au titre de l'année académique 2012-2013 jusqu'à ce jour 21 janvier 2014,

L'Assemblée générale de rentrée du campus SAES de Dakar, tenue ce mardi 21 janvier 2014 à l'amphithéâtre 2 de la FLSH, a décidé d'un respect strict du statut des uns et des autres.

Par conséquent, elle recommande aux militants de s'en tenir strictement à leur statut. Plus précisément, l'Assemblée demande aux camarades de rang non magistral de s'abstenir de toute activité d'encadrement, et à tous d'arrêter de faire des heures complémentaires pour la rentrée 2013-2014.

Faite à Dakar le 21 janvier 2014