11
Sep 2013

Communiqué du SAES sur l’état de l’Enseignement SupérieurLe Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur du Sénégal a tenu un atelier à Saly Portudal les 6 et 7 septembre 2013 sur les défis actuels de l’Enseignement Supérieur.

L’atelier a permis d’échanger sur : 

  • la situation des universités publiques ; 
  • le protocole d’accord signé le 21 mars 2011 entre le gouvernement du Sénégal et le SAES ;
  • les nouveaux textes ou projets de textes réglementaires (LMD, Orientation des bacheliers, Université Virtuelle Sénégalaise, etc.) ;
  • les recommandations de la Concertation Nationale sur l’Avenir de l’Enseignement Supérieur (CNAES) d’avril 2013 ;
  • les décisions du Conseil présidentiel du 14 Août 2013 ;
  • le Plan de Développement de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (PDESR) 2013-2017.

 

Après une analyse approfondie de la situation, le SAES constate :

  • l’asphyxie financière et le dénuement total dans lesquels le gouvernement maintient volontairement les universités publiques en refusant d’approuver leurs budgets ;
  • les énormes sommes d’argent du contribuable sénégalais qui sont, au même moment, injectées dans certains établissements privés d’enseignement supérieur (6 milliards en 2013 et 10 milliards prévus en 2014, sommes largement supérieures aux budgets des quatre universités réunies : Bambey, Thiès, Ziguinchor et Saint-Louis) ;
  • la persistance des conditions difficiles de travail des personnels d’enseignement et de recherche, des personnels administratif, technique et de service et des étudiants ;
  • le gel des accords entre le gouvernement et le SAES ;
  • l’absence de concertation de la tutelle sur les décisions majeures (orientation des nouveaux bacheliers, PDESR, UVS, loi cadre etc.) ;
  • l’usurpation par le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche des prérogatives des universités en violation des lois en vigueur dont celle relative aux franchises universitaires (loi 94-79) ;
  • le décalage entre les recommandations consensuelles de la CNAES et les directives du Conseil présidentiel.

 

Le SAES, conscient de ses responsabilités historiques, dénonce avec force :

  • l’asphyxie financière et volontaire des universités publiques au moment où sur des bases clientélistes et opaques, le gouvernement verse des milliards à une poignée d’établissements privés d’enseignement supérieur ;
  • la violation constante par le MESR de la loi 94-79 du 24 novembre 1994 relative aux libertés et franchises universitaires qui confère une autonomie scientifique et pédagogique aux universités, notamment en ce qui concerne la sélection de leurs futurs étudiants ;
  • les méthodes insidieuses du MESR conduisant à la reproduction, au niveau national, des mauvaises pratiques de gestion durant son passage comme recteur à l’UGB de Saint-Louis, mises à nu par différents rapports d’audit.

 

Le SAES réaffirme son attachement indéfectible à un système public d’enseignement supérieur de qualité et prend à témoin l’opinion publique nationale sur les risques ainsi encourus par l’Université sénégalaise.

Le SAES appelle :

  • tous les acteurs de l’Education à construire un consensus pour un enseignement supérieur public de qualité ouvert à tous les fils et filles du pays ;
  • tous ses militants à rester mobilisés pour l’application des accords de 2011 et la défense du Système universitaire public.

 

Fait, à Saly le 07 septembre 2013

VIVE L’UNIVERSITE PUBLIQUE !

VIVE LE SAES !