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Aoû 2014

saes logo actu 500x300POINT DE PRESSE DU VENDREDI 15 AOUT 2014 SUR LA SITUATION A L'UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR

Ce jeudi 21 août 2014, une furie policière à la fois innommable et inqualifiable s'est encore une fois abattue sur l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar. L'étudiant Bassirou Faye de la Faculté des Sciences et Techniques est tué, plusieurs blessés sont admis aux services d'urgence des hôpitaux.
Pour rappel, la police est entrée à l'Ucad le jeudi 21 novembre 2013 sans jamais en ressortir jusqu'au jeudi 14 août 2014, date de la survenue de la mort de l'étudiant nommé supra.
Le lendemain vendredi 22 novembre 2013, le SAES a tenu un point de presse pour dénoncer la violation de la loi 94-79 relative aux libertés et franchises universitaires et dénoncer également la présence policière à l'Université. A toutes les occasions qui s'étaient présentées, le SAES a toujours demandé le départ de la police.
Mieux, le SAES a envoyé au moins deux lettres au Recteur demandant le départ de la police, mais rien. Mieux encore, toutes les rencontres subséquemment tenues avec lui, ont été mises à profit pour lui demander de faire partir la police mais les autorités avaient persisté dans leur entêtement irresponsable et stérile. Elles avaient non seulement maintenu la présence policière mais elles l'avaient même renforcée, transformant le campus universitaire en une véritable caserne au grand dam du SAES.
Nous insisterons sur le silence coupable des associations de parents d'élèves et d'étudiants, des organisations des droits de l'homme, de la soi-disant organisation des acteurs pour la protection des franchises universitaires, toutes ou presque, s'étaient emmurées dans un silence honteux et indigne au moment où il n y avait que le SAES qui demandait et qui a continué à demander le départ de la police. Le SAES avait toujours dit et aujourd'hui encore, qu'il ne fallait pas attendre qu'il y ait mort d'homme pour agir. Malheureusement c'est le cas aujourd'hui et c'est maintenant que nous les entendons dans les medias. Cela n'est ni sincère ni sérieux.
Aujourd'hui plus que jamais, c'est le moment pour le gouvernement et certains de ses collaborateurs d'arrêter de faire dans l'arrogance et de respecter les acteurs et les organisations qui sont dans les universités dont surtout le SAES qui, fidèle à ses principes de défense des intérêts de l'enseignement supérieur, ne s'est jamais tu, complu ou compromis lorsqu'il s'est agi de le faire.
La visite des membres du gouvernement à l'hôpital n'est point assimilable au médecin après la mort mais au gouvernement après la mort. C'est cela qui est regrettable car des étudiants attributaires de bourses sont restés d'octobre 2013 à aout 2014 sans leurs bourses. Au lieu, pour le gouvernement de les payer, il leur envoie la police, les tuer pour après se rendre à l'hôpital.
Le MESR a déclaré que le procureur a été saisi mais il doit comprendre que la saisine du procureur se rapporte à l'effet de la barbarie policière. Ce qu'il ne doit pas oublier, c'est la responsabilité causale de cette mort. Or, cette responsabilité causale incombe au gouvernement qui assure la tutelle de la police, cette police-la même qui a tué l'étudiant.
Par conséquent les premières conséquences à tirer voudraient que le Ministre de l'Enseignement Supérieur et le Ministre de l'Intérieur soient immédiatement démis de leurs fonctions en attendant que le ou les tueurs soient identifiés et punis à la hauteur de leur forfait.
Le SAES demande tout de suite comme mesure préalable à tout retour au calme, le départ immédiat des Ministres concernés ainsi que tous les responsables impliqués.