08
Avr 2013

Zoom sur l'enseignement supérieurChers concitoyens séminaristes, le grand jour est enfin arrivé ! Ce samedi et les trois jours suivants, il sera question d'arriver à imprimer à notre système d'Enseignement supérieur et de Recherche (ESR) un rythme nouveau et soutenu pour le booster afin d'en faire un moteur pour le développement économique et social de notre cher pays. Assurément, il faudra une bonne dose d'inventivité et d'ingénierie cognitive pour construire un turboréacteur afin de rattraper le temps perdu depuis la dernière concertation qui date de vingt ans déjà...

De prime abord, toutes les mises en garde du SAES ont été royalement ignorées tout autant que les conclusions de nos assises tenues de septembre à décembre 2010 sur les mêmes thèmes quasiment.

Ensuite, il faut constater que, d'après le pré rapport, la préoccupation principale de la CNAES semble être les finances et le nombre d'étudiants qui jurent d'avec les moyens matériels, humains et financiers disponibles. En somme l'équation à résoudre pour ces adeptes des ''STEM'' et du ''virtuel'' peut se résumer à : comment maintenir un système d'ESR en ''aidant'' l'État à se désengager progressivement du financement de celui-ci autant dans la subvention pour le pédagogique que pour le social (étudiants) tout en endiguant le flot de bacheliers ''littéraires'' ?

Ainsi, on en oublie même les personnels sans lesquels il serait illusoire de parler d'étudiants... En effet, de quels Personnels Administratifs, Techniques et de Services (PATS) aurons-nous besoins pour améliorer les performances de notre système d'ESR dans le contexte du système LMD ?

Quid du renouvellement et du recrutement d'enseignants-chercheurs (PER) dont la pyramide des âges n'est pas convoquée dans l'étude pendant que les plus expérimentés sont à la retraite déjà et que cette tendance continue inexorablement ? Au demeurant, la misérable pension de retraite servie ne contribue pas à la sérénité nécessaire aux derniers moments d'une vie active bien remplie au prix d'énormes sacrifices.

Quid du moral et de la dignité du PER quand il n'est plus accepté, ainsi que sa famille, dans les structures sanitaires pour défaut de paiement ?

Quid du respect du droit au logement dans l'agglomération de l'université dans laquelle on exerce ? La 2ème Cité administrative qui ne pourra, d'ailleurs, accueillir que 175 familles ne diminuera sûrement pas, de façon appréciable, la pression due à la forte demande. N'est-il pas venu le moment pour l'Etat, qui a du mal à résorber le gap, de changer d'option en accompagnant le PER dans l'accès à la propriété privée ?

Ces questions (et bien d'autres encore !) qui figurent en bonne place dans le protocole d'accord du 21 mars 2011 ne semblent point préoccuper les rédacteurs du pré rapport de la CNAES qui, pourtant, espèrent ''l'adoption d'une charte de stabilité sociale signée par les pouvoirs publics et les acteurs de l'enseignement supérieur'' (cf. TDR de la CNAES, novembre 2012, Résultat attendu N°5).

En un mot comme en mille, il est clair que les discussions du 6 au 9 avril prochains, ne pourront, même dans l'hypothèse la plus haute, que servir d'orientations à discuter, à enrichir en évitant la précipitation et les convictions arrêtées. La validation par les instances académiques conformément à la loi n° 94-79 relative aux franchises et libertés universitaires, notamment en ses articles 11 et 12, restera un exercice incontournable ! Aucune interprétation circonstanciée de cette loi ne saurait rencontrer notre adhésion : que les autorités étatiques se le tiennent pour dit, hic et nunc !

Enfin, il sied de féliciter tous les compatriotes dont nos militants et les bonnes volontés qui, malgré les délais très courts et le manque de clarté des TDR, ont pu participer à l'exercice et dont les suggestions ne semblent pas avoir été prises en compte dans le pré rapport. Ceci donne raison au SAES qui est d'avis qu'il s'est agi plus d'une consultation que d'une concertation voulue par le peuple, par les assises nationales, la COSYDEP, la Coalition Nationale pour l'EPT, les parents, le secteur privé, etc.

Au moment où vous tenez cette concertation sur l'avenir de l'enseignement supérieur, la communauté universitaire attend encore et toujours son salaire du mois dernier et se pose des questions sur son propre avenir immédiat.

Le Secrétaire général